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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 15:31

Terre ? Terre… Terre !

cieletespace_HS20_couv.jpgLes astronomes comptent-ils les exoplanètes avant de s’endormir ? Il y en a tant de connues — plus de 800 — que la chasse aux systèmes planétaires s’est banalisée et semble aujourd’hui répondre à la même logique que la pêche au filet : faire du tonnage. C’est une vision juste, qui a son explication : plus on découvre de planètes, plus on a de chances de tomber sur des exo-Terre et, sait-on jamais, de la vie — le rêve des exoplanétologues… Mais si elle est juste, cette vision de la discipline est incomplète car extérieure. De l’intérieur, c’est-à-dire pour les astronomes eux-mêmes, le vécu est très différent : chaque nouvelle planète est un individu unique qu’ils apprennent à connaître à force d’analyses, de modèles théoriques, de simulations, d’échanges entre collègues et de débats parfois enflammés via des publications. La dernière annonce en date (17 octobre 2012), si elle est confirmée, marquera un tournant : la découverte d’une planète de la taille de la Terre autour d’Alpha du Centaure B, toute proche de nous ! (p. 6).

Dans ce nouvel opus des hors-série L’Encyclopédie de Ciel & Espace, nous avons voulu montrer la vie scientifique se cachant derrière le chiffre de 800 (et des poussières) exoplanètes. Pour cela, nous avons remonté de nos archives les articles — réactualisés et avec des marges explicatives — qui ont jalonné les vingt premières années de l’exoplanétologie (1992-2012), voire sa préhistoire (p. 14). Le découpage s’est imposé naturellement : quatre parties pour les quatre grandes époques de la discipline. D’abord, l’époque des pionniers et de la découverte, qui parcourt, de surprise en surprise, la décennie 1990. Ensuite, celle de l’exploration des années 2000, où l’on traque tous azimuts et l’on multiplie les méthodes de détection. Puis vient l’époque de la conquête, à la toute fin des années 2000 : la maîtrise technique et théorique s’est affermie et la quête de planètes habitables se systématise. Enfin, l’époque actuelle, qui nous dévoilera enfin le visage d’un nouveau monde, une nouvelle Terre, quelque part dans la Voie lactée.

Précédant cette plongée dans l’événement et l’histoire, une interview originale de l’un de ses acteurs : l’astronome Alain Lecavelier. Il y est question notamment des enjeux autour de la découverte certaine d’une véritable Terre, et de la découverte plausible d’une vie ailleurs… Mais l’on peut d’ores et déjà affirmer que, dans les exoplanètes, il y a de la vie : celle des astronomes qui y ont mis tous leurs efforts et leur passion scientifique, jour après jour, pendant vingt ans.

Román Ikonicoff

Rédacteur en chef

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:02

20080701_AlainC_38.jpgAujourd'hui, c’est un rêve… Qui se déroule sur la planète rouge en 2018 où, neuf mois après son lancement du cosmodrome de Baïkonour, le module de descente du programme européen Exomars vient de se poser en douceur. Un immense succès pour les Russes, dont toutes les tentatives pour déposer des robots sains et saufs sur Mars ont, jusqu’alors, échoué. Une revanche pour les ingénieurs spatiaux du Vieux Continent, dont le souvenir du Beagle 2, atterrisseur disparu corps et bien le 25 décembre 2003, au cours de sa descente, avait quelque peu terni le lustre de la mission Mars Express. Là, les premiers tours de roue de ce nouvel astromobile sont suivis en direct par tous les médias, et les experts se succèdent pour expliquer que, dans quelques jours, débuteront les premiers forages destinés à rechercher une vie… sous terre. L’Europe roule sur Mars !

La réalité est évidemment plus… pesante. Sept ans après leur première déclaration d’intérêt, et une promesse de financement, les ministres européens de l’Espace doivent se prononcer sur un budget qui a pratiquement doublé. Ce, en plein cœur d’une crise économique et financière sans précédent pour la zone euro. Et ce n’est pas tout : le partenaire naturel de l’ESA pour cette exploration planétaire — la Nasa — après avoir confirmé son intention de participer au programme Exomars, a tourné casaque pour cause de restrictions budgétaires. Le récent succès de son rover Curiosity a masqué une chute drastique des moyens du programme martien américain. Enfin, s’il fallait encore de quoi noircir les nuages à l’horizon, force est de constater que bien des incertitudes demeurent sur la nouvelle coopération russo-européenne en matière d’organisation de programme. Nombre d’engins ; quantité d’expériences ; plannings ; latitude et site visé ; etc.

La conférence de l’ESA devra donc trancher et décider si le rêve peut devenir réalité. Il faut y croire. Pour la beauté et la difficulté de l’entreprise, la qualité des défis scientifiques, la richesse des coopérations, et la curiosité du public pour la recherche de la vie ailleurs, il est légitime de soutenir les promesses de ce nouveau chapitre de l’aventure martienne européenne. Un brin de soleil dans une trouée de nuages, ça n’a sans doute pas de prix !

 

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 06:02

20080701_AlainC_38.jpgL'affaire n’aurait pas déplu à… Camille Flammarion, le célèbre écrivain et vulgarisateur de l’Astronomie populaire. En effet, l’auteur des “maisons hantées”, disciple et héritier d’Alan Cardec — le fondateur du spiritisme —, aurait sans nul doute apprécié l’énigme de la matière noire. Ce fantôme de l’Univers auquel nous consacrons notre sujet de une de ce nouveau Ciel & Espace. Quatre-vingts ans d’interrogations, de spéculations, de traque active et obstinée, avec des télescopes et des détecteurs de particules, pour tenter de saisir un fil de la cape du Horla cosmique, n’ont pas suffi à le dévoiler. Comme l’être invisible de la nouvelle fantastique de Maupassant, on lui prête une consistance matérielle, puisqu’elle influencerait la matière “ordinaire”, mais au grand dam de tous, sa véritable nature reste à ce jour totalement inconnue. Le problème c’est que ce n’est pas “rien” comparé à la part de l’Univers dont nous connaissons la nature : 4 % de matière ordinaire pour 23 % de matière noire et 73 % d’énergie sombre.

Un essentiel invisible ou… transparent.

Récemment la partie de cache-cache s’est faite plus vive. Certains annoncent — en s’appuyant sur l’observation du mouvement d’étoiles proches ou de faible masse — que la matière noire existe ou… n’existe pas. Annonces aussitôt démenties par des équipes concurrentes analysant les mêmes données. Une cacophonie qui redonne de la voix, et des échos, aux partisans de la théorie Mond, laquelle suppose une modification des lois de la gravité à grande distance pour expliquer le mouvement anormal des galaxies.

Enfin, et pour être complet, au moment où nous bouclons ce numéro, l’Institut Niels Bohr de l’université de Copenhague annonce que les dernières observations du satellite européen Planck ont peut-être résolu l’énigme. Ce télescope spatial a observé autour du centre de notre galaxie un rayonnement synchrotron qui résulterait de la collision des particules de matière noire — 10 fois plus lourdes que le boson de Higgs ou 1 000 fois plus qu’un proton — avec les constituants de la matière ordinaire.

Si nous vivons peut-être là le dernier épisode du feuilleton de la matière invisible — celui qui est chargé de confirmer son existence —, une nouvelle saison s’annonce qui prolongera cette série fantastique. La traque du super poids lourd capable de faire courber le dos à l’Univers.

Ou qui se cache sous la cape du fantôme ?

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 06:00

Une nouvelle fois cet été, la formule du cocktail martien devrait être mondialement appréciée : une belle part de suspense avec une pointe de risque ; une grosse dose d’émotion et d’aventure sur un zeste d’exploration de l’inconnu. Et, cerise au bout de la pique, un enchaînement d’événements implacables qui amèneront la mission Mars Science Laboratory à s’écraser ou à se poser en douceur sur Mars, le 6 août au matin. Le tout servi par des machines à communiquer — le JPL et la Nasa — rodées à la diffusion massive et sans réserve d’images, de sons et de données accessibles à tous sur Internet.

Il faut dire que le débarquement de la sonde Curiosity sur la planète rouge est une formidable étape, nouvelle et supplémentaire, dans l’effort conduit par les États-Unis depuis des décennies pour l’exploration de ce monde. Cette “Twingo à moteur atomique”, après de délicates manœuvres de descente au sol, doit poursuivre la quête entamée en 1976 par les deux sondes Viking. Ces deux pionnières cherchaient la vie ; le robot d’aujourd’hui se concentrera sur les conditions passées d’habitabilité. Mais cette fois, la mission est mobile et peut se déplacer sur de grandes distances. Elle est lourdement équipée d’instruments scientifiques sophistiqués dont certains sont réalisés et pilotés par des chercheurs français. Le site d’atterrissage n’a pas été choisi au hasard. C’est dans les argiles du cratère Gale, au pied des pentes abruptes du mont Sharp, qu’existeraient les meilleures chances de trouver des indices de vie passée…

Bref, Curiosity est la mission idéale qui, si on y prend garde, peut laisser penser qu’en matière d’exploration robot de la planète rouge, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce qui n’est pas vrai ! Elle est la dernière grande mission martienne financée par les États-Unis, qui s’interrogent ouvertement sur les raisons et les moyens de leur soutien futur à ce type de programme scientifique. En se désengageant de leur participation au projet européen de sonde ExoMars (qu’il met en difficulté) et en réduisant drastiquement les crédits des missions vers la planète rouge, l’Amérique indique clairement — au grand dam des planétologues et des fans de l’exploration du Système solaire — que ses priorités ont changé. Curiosity aura fort à faire pour inverser la donne ; raison de plus pour apprécier l’exploit.

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:58

La peur du vide

 

En 1950, alors qu’il déjeunait avec d’autres physiciens au laboratoire militaire de Los Alamos, Enrico Fermi réfléchissait tout haut. Comme la vie est banale, de nombreuses civilisations extraterrestres doivent exister. Au moins une d’entre elles devrait être déjà parmi nous. Or il n’y a personne. Où sont-ils donc ?

La question se répandit au sein de la division théorique de Los Alamos. Le premier à répondre fut le physicien Leó Szilárd, qui s’esclaffa et  répondit : “Ils sont parmi nous. Ils s’appellent eux-mêmes les Hongrois.” Pas de xénophobie dans le discours du chercheur, mais un constat. Hormis lui-même, trois autres physiciens d’origine hongroise hantaient les couloirs de ce haut lieu de la science militaire américaine : Eugène Wigner, Edward Teller et John von Neumann. Cette forte concentration de physiciens américano-hongrois et la spécificité de la langue hongroise en étonnaient plus d’un. C’est pourquoi ces éminents spécialistes étaient surnommés les Martiens.

Au-delà de la boutade, Szilárd a été le premier à proposer une solution à ce qu’on allait appeler quelques années plus tard le paradoxe de Fermi. La proposition de Szilárd a été suivie par nombre d’autres, énoncées par des scientifiques ou des auteurs de science-fiction. Certains mettent en doute l’existence même de la vie extraterrestre ou de son évolution en intelligence communicante dotée d’outils. D’autres sont sceptiques quant à la possibilité de voyages interstellaires tant les distances entre les étoiles et les dangers sont grands. Quelques-uns estiment que nous ne valons pas la peine d’être contactés. D’autres encore cherchent des traces sur Terre ou dans le Système solaire.

Se trompent-ils tous ? La question n’est en effet pas uniquement scientifique. Ce sont peut-être les philosophes qui posent les bonnes questions. L’extraterrestre n’est-il pas seulement ce que l’on pense de lui ? Son image n’est-elle pas uniquement celle que nous renvoie notre miroir ? Quelle valeur donner à notre vie si l’autre n’existe pas ? Cette angoisse existentielle n’est pas nouvelle. Déjà en 1670, Blaise Pascal écrivait : “Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.” Aujourd’hui, aucun extraterrestre ne répond encore à la demande pressante. Faut-il aller voir un psychanalyste ?

 

Jacques-Olivier Baruch

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:53

 

 

20080701_AlainC_38.jpgVu depuis l’espace, le spectacle est — paraît-il — superbe ! La preuve, ces images distribuées largement par les agences spatiales et qui montrent la Terre de nuit, photographiée par les astronautes de la station internationale. À bord de l’ISS, chacun reconnaît les contours de son pays, le dessin des côtes, les principales villes, axes et monuments, et bien évidemment, les capitales. Le spectacle est d’autant plus impressionnant qu’à l’altitude de la station (350 km environ), on voit aussi parfaitement les éclairs des orages, les draperies mouvantes des aurores polaires, la Lune et les étoiles…

En bas, sur le plancher des vaches, la situation est moins idyllique. Au cœur des villes, seules la Lune et les planètes les plus brillantes — comme Vénus et Jupiter — se distinguent, filant sur l’autoroute zodiacale. En périphérie des grandes agglomérations, les vastes parkings des centres commerciaux et autres no man’s land sont autant de taches de lumière dont les reflets dans les nuages, les gaz et les poussières éteignent le ciel et les constellations. Dans la campagne, à la montagne et loin des sources parasites, le spectacle de la Voie lactée partage la voûte céleste en deux, mais peu d’horizons échappent à la présence grandissante des zones lumineuses et habitées. En moyenne, chaque année dans le monde, l’éclairage public progresse de 6 % en raison de l’urbanisation galopante.

Les astronomes ne sont pas les seuls à s’inquiéter des conséquences. En 2010, une étude conduite au Brésil a montré que l’éclairage nocturne peut favoriser le développement de certaines épidémies en augmentant les contacts entre les humains et les insectes porteurs de maladies. Plus récemment, des chercheurs britanniques ont découvert que les invertébrés carnivores et charognards sont attirés par les zones éclairées, lesquelles perturbent le fonctionnement des écosystèmes autour d’elles.

Sites protégés, labels “ciel noir” et réserves aux normes strictes sont sans doute des réponses concrètes, et symboliques, à la disparition du patrimoine nocturne de l’humanité. Mais profiter de l’été pour montrer ce que nous n’aurions jamais découvert si le ciel avait été inaccessible à la curiosité, est une autre façon de le répéter : aimer la vie, c’est garder la nuit !

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 15:31

La qualité de la preuve

 

"Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait." Cette citation de Mark Twain, maintes fois reprise comme une ode à l’audace et à l’imagination, a trouvé récemment de nouveaux échos dans le débat science-société. C’est, en France, l’exemple du géochimiste Claude Allègre qui porte sur les plateaux télévisés les couleurs délavées des thèses des climato-sceptiques. Lesquels ont pour objectif de dédouaner notre mode de vie, avec une consommation effrénée d’énergies fossiles, de tout impact dommageable sur la planète. Ce sont les expérimentateurs malheureux de l’expérience Opéra, ces neutrinos perçus comme plus rapides que la lumière. Ou encore les promoteurs de la théorie Mond, laquelle propose une alternative à l’existence de la matière noire en modifiant, à grande distance, l’action de la loi de la gravitation de Newton. Sans oublier tous ceux qui affirment détrôner Einstein, jeter aux orties la théorie consensuelle du big bang, ainsi que les physiciens théoriciens dont les modèles d’Univers fonctionnent parfaitement… sur ordinateur. Copernic, Galilée, Wegener ou Einstein, avant eux, ne se sont-ils pas trouvés dans une position semblable : seuls contre tous ? En conflit avec tout le monde ?

La question mérite d’être posée : peut-on avoir raison seul contre tous ? Comme ce prix Nobel de chimie 2011, attribué à Daniel Shechtman, pour la découverte en 1982 des quasi-cristaux, et que ses collègues vont traiter méchamment pendant quelques années de “quasi-scientifique”… Comme le montre le dossier de ce numéro, le progrès des connaissances — particulièrement en astronomie — n’a jamais été une accumulation tranquille de vérités acceptées par tous. Un scientifique remarquait un jour qu’une théorie l’emportait souvent quand tous ses adversaires étaient morts ! De façon plus large, il convient sans doute de rappeler deux données incontestables : le fait d’être en désaccord avec tout le monde ne donne pas forcément raison ; et la science est une vérité provisoire.

Batailler pour défendre des idées fut le lot des génies comme des savants les plus marginaux. Mais cette confrontation ne se gagna jamais sur la place publique. La nature de la démarche scientifique impose d’apporter devant tous la qualité de la preuve ; même si la vérité d’aujourd’hui devient l’erreur de demain. Une maxime que Mark Twain aurait pu adopter ?

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

Génies solitaires, la fin du mythe.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 06:00

20080701_AlainC_38.jpgPeut-on s’habituer aux nouvelles extraordinaires ? Il semble que oui… La preuve, cette annonce de l’ESO (European Southern Observatory), datée du 28 mars : “Un nouveau résultat […] montre que les planètes un peu plus grosses que la Terre sont très communes dans la zone habitable autour d’étoiles rouges de faible luminosité. L’équipe internationale qui a conduit cette recherche estime qu’il y a des dizaines de milliards de planètes de ce type, rien que dans la Voie lactée, et probablement une centaine dans le voisinage immédiat du Soleil.” Il n’est pas besoin d’évoquer des temps historiques pour se souvenir qu’avant 1995 — donc avant-hier —, nous habitions la seule planète connue de l’Univers. Pis : peu d’astronomes pensaient qu’il en existait d’autres et, a fortiori, que l’on puisse les découvrir !

Dix-sept ans après la détection de la première exoplanète par les astronomes Mayor et Queloz à l’observatoire de Haute-Provence, près de huit cents détections ont été confirmées. Et le sondage réalisé dans l’environnement d’une centaine de naines rouges, par l’équipe de Xavier Bonfils utilisant le spectromètre Harps sur le télescope de 3,6 m de l’observatoire de La Silla, au Chili, ouvre la porte à la multitude. S’il est possible de parler de “milliards”, c’est parce que cette catégorie d’étoiles, petites, faibles et froides comparées au Soleil est aussi la plus commune. Elle représente 80 % de la population stellaire de notre galaxie, soit environ 160 milliards des petites étoiles de la Voie lactée…

Si les journaux du monde entier n’ont pas fait leur une de cette nouvelle (“Pas de crise du logement dans la Voie lactée”, s’amusait notre confrère Hervé Morin du Monde), c’est que cette multitude statistique éteint le caractère d’unicité de la découverte. Des planètes, il y en a partout ! Dont acte.

Ce qui importe maintenant, c’est d’aller plus loin. Ce qu’explique, dans l’interview donnée à Ciel & Espace, l’astronome opticien Antoine Labeyrie dont le projet d’hypertélescope spatial de 100 km permettrait d’observer des exo-Terre dans un rayon d’une dizaine d’années-lumière. Et ce, avec une résolution suffisante pour rechercher la présence de vie, sous forme de taches dont la couleur changerait au cours des saisons. Un potentiel et, qui sait, un futur “extraordinaire”, auquel nous n’imaginons pas encore être habitués…

 

Alain Cirou 

Directeur de la rédaction

 

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 15:17

Si l’origine de la Lune n’est pas bien comprise — et notre article consacré à l’énigme de l’eau vous en convaincra facilement —, il ne fait aucun doute, en revanche, qu’elle fut une  précieuse alliée pour le philosophe naturel de l’Antiquité et, aujourd’hui, pour l’homme de science, dans la découverte de son environnement spatio-temporel.

Le premier, soucieux de la représentation du monde, s’est vite rendu compte qu’elle sert souvent d’écran de projection à l’ombre de notre Terre. Et la mesure de sa distance comme la rondeur de l’obscurité l’ont alors aidé à préciser les dimensions de la planète. Le second, après avoir compris et mesuré l’influence gravitationnelle que le satellite exerce sur notre globe, a pu l’apprécier comme disque occulteur du Soleil, l’éclipse révélant alors l’environnement proche de notre étoile. Plus tard, en profitant du plus célèbre bras de fer de la guerre froide, l’aventure Apollo, il a pu entrer en possession d’archives vieilles de milliards d’années. Et ainsi “faire parler” ce proche témoin d’un temps où les bombardements météoritiques et cométaires intenses marquaient la face et transformaient l’environnement de la Terre primitive…

Son rôle aurait pu s’arrêter là — il est déjà énorme — sans l’idée géniale de l’équipe de Michael Sterzik, astronome à l’ESO au Chili, d’utiliser le Very Large Telescope pour analyser la lumière cendrée !

Chaque curieux du ciel connaît ces quelques jours, avant ou après la Nouvelle Lune, quand cette dernière est une virgule sur l’horizon, un très fin croissant, qui laisse voir le reste du disque, légèrement éclairé par la lumière… de la Terre. Cette lumière cendrée est notre reflet dans le miroir de la Lune. Mais elle peut aussi être vue “comme si” nous étions très loin d’ici — dans la situation d’astronomes extraterrestres, à plusieurs années-lumière de là — et que nous ne disposions que de très peu de lumière pour décrire la nature de la troisième planète du Système solaire découverte dans une zone d’habitabilité.

L’exercice est un formidable succès. Les biosignatures — les empreintes digitales de la vie — ont été vues dans cette lumière réfléchie de la Terre. Mais mieux encore, les astronomes ont pu en déduire qu’il y a une couverture de végétation, des océans et une atmosphère nuageuse. En montrant qu’il y a de la vie sur Terre, la Lune s’inscrit une nouvelle fois dans la modernité, celle de la recherche des mondes habités.

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 06:00

      Le mouvement, c’est de la vie ! Et pour mesurer ce changement, cette transformation, les physiciens disposent d’un outil universel : l’énergie ! Et le moins que l’on puisse dire est que notre équipe n’a pas manqué de ce “fluide vital” pour fabriquer le nouveau Ciel & Espace.

Il part d’un constat évident : à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, l’information circule et s’échange à la vitesse de la lumière. Et pour qui est équipé de ces nouveaux outils, fixes ou mobiles, il est souvent plus facile de suivre la progression d’un robot sur Mars que de disposer des comptes-rendus de la dernière séance du conseil municipal voisin… Chaque jour, une masse considérable de données circule sur la Toile, transformant radicalement notre relation à l’événement, notre rapport à l’espace et au temps. Mais il est un fait : le temps de la science n’est pas celui de ces médias de l’instantané. Et pour un magazine comme le nôtre, dont la vocation est d’informer sur la nature des découvertes astronomiques, il n’a jamais été aussi indispensable de vérifier la qualité de ces nouvelles, de les trier, leur donner un ordre, une hiérarchie, de les expliquer dans leur contexte, de les décoder et les commenter !

Notre site internet donne l’information immédiate. Nos podcasts, éléments numériques d’une encyclopédie audio, en dessinent l’environnement. Quant au magazine, sa rédaction s’attachera donc, chaque mois, à vous livrer les clés de l’actualité, un condensé d’événements choisis et analysés, ainsi que de nombreux sujets sélectionnés par ses journalistes pour leur capacité à éclairer, à donner du sens aux avancées des sciences de l’Univers.

De la même façon, et parce qu’il est indispensable que tout un chacun puisse pousser facilement les portes de ces domaines, la revue dans son ensemble est rendue plus claire, plus lisible et accessible à tous. Par l’intermédiaire d’une nouvelle maquette, de pages dédiées à la découverte des enjeux de l’astronomie, et à la pratique de l’observation ; par l’ajout d’encadrés, de schémas, l’invention d’une iconographie soucieuse d’expliquer, de décrypter, de… vulgariser !

Là est sans doute le pari le plus difficile à relever. Faire simple et juste est souvent extrêmement complexe. Et demande beaucoup d’énergie… D’où l’importance du changement. Bonne découverte !

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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