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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:50

L’affaire peut paraître anecdotique… Elle est détaillée dans ce numéro de Ciel & Espace dans notre article “Bataille pour nommer les exoplanètes”. Résumons-la. À quelques mois de la découverte d’une millième planète tournant autour d’une autre étoile que le Soleil, l’Union astronomique internationale (UAI), souvent qualifiée d’“ONU des astronomes”, est confrontée à un problème délicat. Alors qu’elle a laissé s’installer un système de numérotation mis au point par les premiers découvreurs d’exoplanètes en 1995 — où celles-ci prennent le nom de leur étoile suivie d’une lettre en minuscule —, ses membres vont devoir se prononcer sur l’opportunité de mise en place d’un système de “noms populaires”. Des noms de personnes, d’animaux, d’objets ou même de situations et de sentiments. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le consensus de la communauté astronomique est loin d’être établi.

Pour preuve, cette initiative de scientifiques américains — qui a mis le feu aux poudres — incitant le public à proposer des noms sur un site internet, puis à voter, pour une poignée de dollars, en faveur de celui qui leur paraîtra comme le plus original. La planète 47 UMa b pouvant alors s’appeler aussi bien Newton que Beyoncé ! Immédiatement, l’UAI s’est empressée de rappeler les règles en vigueur, à savoir qu’elle est la seule compétente pour nommer les terres du ciel et que ces actes “d’état civil” ne peuvent être ni achetés ni vendus.

La Commission de la nomenclature céleste de l’UAI, actuellement présidée par le Français Alain Lecavelier, va devoir faire preuve de doigté et d’imagination pour apprécier une situation où la perception publique est très sensible. S’il y a un consensus fort pour condamner l’exploitation mercantile du sujet — des escrocs sévissent déjà sur la Toile en commercialisant des “titres de propriété” de la Lune et de Mars, ou des noms d’étoiles —, il y a aussi un énorme appétit pour les échanges et les débats, via les réseaux sociaux, sur les thèmes de sciences participatives. La recherche de planètes extrasolaires est populaire ; et elle a toujours besoin d’être soutenue. C’est sans doute là une formidable opportunité offerte à la communauté astronomique pour rappeler ses valeurs, ses principes et faire preuve d’inventivité comme d’esprit d’ouverture. En ce souvenant de ces mots d’Albert Camus : “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.”

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction


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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 16:00

20080701_AlainC_38.jpgIl y a les probabilités… et la réalité. Le 15 février dernier, les obser­vateurs se préparaient à suivre le passage dans le ciel de l’astéroïde 2012 DA14. Très près de la Terre, à une distance inférieure à l’orbite des satellites géostationnaires. D’une cinquantaine de mètres de diamètre, ce rocher menaçant venait nous rappeler que notre planète est régu­lièrement frappée par des débris de la naissance du Système solaire. Le célèbre Meteor Crater, formé en Arizona il y a 50 000 ans, est d’ailleurs le “cratère témoin” de ces collisions récurrentes. Mais ce jour-là, le ciel n’a pas attendu la tombée de la nuit pour déclencher le spectacle…

Au petit matin, une boule de feu, des explosions et une énorme onde de choc enregistrée des centaines de kilomètres à la ronde ont semé la panique et fait plus d’un millier de blessés dans la région russe de Tcheliabinsk. Une météorite d’environ 15 à 17 m de diamètre a traversé l’atmosphère à la vitesse faramineuse de 65 000 km/h, puis s’est désintégrée au-dessus de l’Oural, dispersant quelques maigres fragments brûlants sur sa trajectoire, et en bout de course dans le lac gelé de Tchebarkoul.

L’événement est historique. Et pour la première fois, les scientifiques disposent d’observations objectives, enregistrées depuis l’espace jusqu’au sol où, grâce à des caméras de pare-brise, le monde entier a pu parta­ger la stupeur des spectateurs. Pour les astronomes, et pour la rédaction de Ciel & Espace, l’enquête ne faisait que commencer. Et elle est importante car, jusqu’à présent, il n’existe pas de modèle fiable pour prévoir la désintégra­tion d’une météorite dans l’atmosphère. Vous lirez dans ce numéro des témoignages exclusifs et découvrirez que notre atmosphère — qui équivaut à un mur d’eau de 10 m d’épaisseur — joue un rôle protecteur essentiel dans ce type d’impact avec un “petit” corps. Lequel s’est désintégré en vol, puis massivement fragmenté, au point de ne céder que quelques centaines de kilogrammes d’échantillons à l’analyse au sol.

L’événement de l’Oural marquera l’histoire contemporaine car il satisfait les exigences des saint Thomas du principe de précaution. Nous l’avons vu et pouvons le croire. Ça arrive et ça se reproduira. En conséquence, financer des programmes pour détecter, qualifier, et dans le futur dévier les montagnes de rochers les plus menaçantes, est politiquement fondé. Même si la probabilité est, en moyenne, d’une fois par siècle…

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

cieletespace_515_couv.jpgCiel & Espace, avril 2013
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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 19:14

20080701_AlainC_38.jpgQuel regard un scientifique connu, et internationalement reconnu comme l'un des meilleurs de son époque, porte-t-il sur le travail des scientifiques... d'une autre discipline que la sienne ? Pour le commun des mortels, tous les scientifiques se valent. Même base de formation, même rigueur, même discipline de pensée, même méthode de publication des résultats après validation des pairs. Tous les Nobel en font la difficile expérience quand ils sont appelés à commenter indifféremment les enjeux du changement climatique, l'importance à venir des imprimantes 3D, ou encore l'impact sociétal du mariage pour tous. Leur avis personnel est immédiatement rangé dans la case "avis des scientifiques".

Mais tous les scientifiques et honnêtes hommes de ce siècle savent aussi qu'entre un biologiste, un physicien de la matière condensée et un chimiste des colorants, existent des gouffres sans ponts suspendus.

Alors, quel sens - comme nous le présentons dans ce numéro - peut bien avoir l'avis d'un mathématicien sur les travaux des astrophysiciens et des cosmologistes ?

Il suffit de se souvenir à quel point il est miraculeux de partir vers la Lune, à bord d'une capsule, et de faire confiance aux équations de Newton - comme à une formule magique - pour freiner au bon moment et se placer sur orbite, grâce à l'attraction gravitationnelle du satellite naturel de la Terre. Ou encore, sans les voir, de décrire le nombre, les positions et les masses de planètes extrasolaires, à partir de fluctuations des courbes de lumière des étoiles. En astronomie, cette redoutable efficacité des mathématiques n'est plus à démontrer.

Aussi Cédric Villani, s'il n'est pas astronome, peut-il être vu comme un parfait critique de cette discipline. Et quand il affirme : "La matière noire et l'énergie sombre, je n'y crois pas", il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas - 96 % d'invisible, c'est beaucoup et c'est gênant ! Et si "l'imagination débordante" des astrophysiciens a nommé ces fantômes sans pouvoir les attraper, rien n'oblige un observateur extérieur à y croire.

"Croire", voilà bien le maître mot du débat et de la distance qu'impose la situation dans laquelle se trouve la cosmologie. Pour expliquer l'Univers tel que nous l'observons, il nous est demandé de croire que l'essentiel est invisible. En mathématiques, on appelle ça... un postulat. Qui reste à être démontré par beaucoup de matière grise.

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

cieletespace_514_couv.jpgCiel & Espace, mars 2013
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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:33

L'annonce est pour le moins… originale ! Il y a quelques jours, à l’issue de la conférence annuelle de l’AAS (1) en Californie, l’équipe scientifique du satellite américain Kepler expliquait qu’il existe au moins 17 milliards de planètes de type terrestre dans notre galaxie. Plus exactement, l’analyse des trois premières années de données recueillies par ce “chasseur d’exoplanètes” montre que des corps rocheux, d’un diamètre compris entre une et deux fois celui de la Terre, tournent autour de 17 % des étoiles de type solaire.

L’originalité de cette déclaration réside dans le “au moins”… En effet, cette estimation, précisent-ils, n’inclut que des planètes orbitant très près de leur étoile ; à des distances inférieures au quart de l’espace séparant la Terre du Soleil. C’est-à-dire plus proches que la planète Mercure ne l’est du luminaire solaire. Là où dans notre Système à nous… il n’y a rien.

Pour le télescope Kepler, la limite est technique. En effet, cet observatoire spatial qui surveille en continu 150 000 étoiles d’une région de la constellation du Cygne peine à “voir” plus loin que les mini-éclipses provoquées par des planètes extrasolaires proches. Mais elle n’interdit pas de soupçonner qu’autour d’une étoile sur deux, cette fois, puissent circuler une ou plusieurs planètes de taille terrestre sur une orbite comparable à celle qu’occupe notre globe dans le Système solaire.

Passé l’impressionnant compte des milliards de mondes à imaginer, l’importance de l’annonce est aussi celle du passage à une ère nouvelle : celle des grands nombres, de la statistique. Comme un préfet de police incapable de distinguer sur la photo aérienne d’une manifestation, les jeunes des vieux, les hommes des femmes, ou les maigres des obèses, l’astronome ne pouvait que faire tourner le compteur des découvertes d’exoplanètes sans la possibilité de qualifier finement la population — innombrable, donc — de ces sous-produits de la formation des étoiles.

L’étape à venir sera, bien évidemment, passionnante. C’est, en agrandissant la sphère de leur détection, la possibilité d’engager une étude démographique des exoplanètes — et bientôt des exolunes — dans la Voie lactée. Avec, en corollaire, la réponse à une question fascinante : notre Système solaire est-il original ou simplement… banal ?

Au milieu de tant d’autres.

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

(1) American Astronomical Society.

cieletespace_513_couv.jpgCiel & Espace, février 2013
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 06:00

20080701_AlainC_38.jpgC'est une image ancienne très connue, un dessin daté d’octobre 1858, où l’on voit dans le ciel de Paris, une grande comète déployée au-dessus de la cathédrale Notre-Dame. Le symbole est fort, puissant, puisqu’il lie explicitement le célèbre édifice religieux de la capitale au spectacle du passage d’un astre chevelu : la superbe comète Donati, dont les queues de gaz et de poussières s’étalent alors sur près de 60°. Après la grande comète de 1811, visible à l’œil nu pendant plusieurs mois, célèbre aussi pour avoir été associée aux grandes chaleurs et à la qualité des vins de l’année, Donati va marquer le XIXe siècle de son empreinte. Jusqu’à impressionner ce nouvel art qu’est la photographie.

Allons-nous assister cette année à un tel événement ? C’est la question qui se pose depuis septembre 2012, quand le Russe Artyom Novichonok et le Biélorusse Vitali Nevsky ont rapporté la découverte de la comète Ison, repérée au-delà de l’orbite de Jupiter. Acronyme d’International Scientific Optical Network, un réseau de télescopes automatiques, Ison, alias C/2012 S1, ne manque pas d’atouts.

C’est une comète “fraîche”, qui se serait décrochée du Nuage de Oort — ce lointain réservoir à boules de neige sale, grosses comme des montagnes — et qui regorge sûrement de glaces très volatiles qui n’ont jamais été exposées à la chaleur. Sa trajectoire la conduit aussi à passer très près du Soleil. À environ 2 millions de kilomètres. De quoi l’échauffer fortement et voir fondre ses couches superficielles dont le dégazage pourrait être spectaculaire. Enfin, et ce n’est pas le moindre des arguments, c’est dans le ciel de l’hémisphère Nord, fin novembre, début décembre, qu’elle pourrait être… visible en plein jour !

La “cométologie” n’est pas une science exacte et il va nous falloir être patients avant de savoir si les prévisions qui la donnent 100 fois plus brillante que Vénus, ou encore plus éclatante que la Pleine Lune, se réalisent. En effet, il existe un risque “non nul” qu’elle vole en éclats sous l’effet de fortes contraintes gravitationnelles, des semaines, voire des mois avant de frôler le Soleil. Le temps de se préparer, d’apprécier le suspense, et de s’exercer sur une autre comète attendue en mars, qui pourrait bien, elle aussi, se révéler spectaculaire. Le ciel peut encore nous surprendre et, nous l’espérons une fois encore, nous ravir !

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 07:54

20080701_AlainC_38.jpgPas de doute, le 21/12/2012 est, dans notre calendrier, la bonne date du solstice d’hiver ! Et gageons qu’au bout de cette journée particulière, l’échéance déclamée de la fin des temps aura été repoussée à une date ultérieure. Les astrologues de service, invités à “voir” les événements de 2013 sur les plateaux des télévisions complaisantes avec les “arts de la divination”,  pourront expliquer que les charlatans du catastrophisme sont de fieffés illettrés du zodiaque. Des incultes du tarot et de la boule de cristal, incapables de distinguer alignement et conjonction planétaire. Tous deux absents du ciel de Noël !

Fallait-il en rire ou en pleurer ? Ignorer cette formidable rumeur numérique mondialisée — sans doute la plus médiatisée de tous les temps — et feindre de ne pas entendre les tam-tams de la peur qui vont raisonner en rythmes lourds et hypnotisants ?

Non, et nous avons choisi de nous y intéresser comme à un exercice… de vulgarisation. Joyeux évidemment, mais juste et rationnel, comme doivent le rester la raison et la méthode scientifique face à l’obscurantisme et aux théories du complot. Vous trouverez donc dans ce numéro de Ciel & Espace l’essentiel des arguments astronomiques et géophysiques bouchant hermétiquement, une à une, les trompettes de l’Apocalypse. Un travail de Sisyphe, obligatoire.

Reste que ce lapin posé au 21/12 ne peut que nous interroger. Il convoque toutes les forces antiques — l’eau, l’air, la terre et le feu — pour nous détruire. Il utilise en diffusion tous les moyens de communication modernes mondialisés : les réseaux Internet, les constellations de satellites, de multiples portables. Paradoxalement, l’Homme y est aussi absent qu’impuissant. À aucun moment sa “science” ne l’aide à y échapper. Bref, c’est une fin du monde moderne dans la forme, archaïque sur le fond. Un scénario de jeu vidéo et de film catastrophe, naïf et primitif, qui se moque de toute connaissance et de toute vraisemblance, et s’alimente de peurs et de fantasmes.

Mais qui en est à l’origine ? Nous-mêmes, évidemment… Qui voyons grandir sous nos yeux la première fin du monde contributive. Alimentée à la vitesse de la lumière par les messages dématérialisés. Un ogre — vivant au fond d’une caverne — nourri par les ombres qui obscurcissent les visions du futur. C’est fascinant et effrayant à la fois. Comme une bouffée de vide, une dépense d’énergie, noire bien sûr, avant le retour à la lumière chaude des guirlandes de Noël.

Alain Cirou

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:02

20080701_AlainC_38.jpgAujourd'hui, c’est un rêve… Qui se déroule sur la planète rouge en 2018 où, neuf mois après son lancement du cosmodrome de Baïkonour, le module de descente du programme européen Exomars vient de se poser en douceur. Un immense succès pour les Russes, dont toutes les tentatives pour déposer des robots sains et saufs sur Mars ont, jusqu’alors, échoué. Une revanche pour les ingénieurs spatiaux du Vieux Continent, dont le souvenir du Beagle 2, atterrisseur disparu corps et bien le 25 décembre 2003, au cours de sa descente, avait quelque peu terni le lustre de la mission Mars Express. Là, les premiers tours de roue de ce nouvel astromobile sont suivis en direct par tous les médias, et les experts se succèdent pour expliquer que, dans quelques jours, débuteront les premiers forages destinés à rechercher une vie… sous terre. L’Europe roule sur Mars !

La réalité est évidemment plus… pesante. Sept ans après leur première déclaration d’intérêt, et une promesse de financement, les ministres européens de l’Espace doivent se prononcer sur un budget qui a pratiquement doublé. Ce, en plein cœur d’une crise économique et financière sans précédent pour la zone euro. Et ce n’est pas tout : le partenaire naturel de l’ESA pour cette exploration planétaire — la Nasa — après avoir confirmé son intention de participer au programme Exomars, a tourné casaque pour cause de restrictions budgétaires. Le récent succès de son rover Curiosity a masqué une chute drastique des moyens du programme martien américain. Enfin, s’il fallait encore de quoi noircir les nuages à l’horizon, force est de constater que bien des incertitudes demeurent sur la nouvelle coopération russo-européenne en matière d’organisation de programme. Nombre d’engins ; quantité d’expériences ; plannings ; latitude et site visé ; etc.

La conférence de l’ESA devra donc trancher et décider si le rêve peut devenir réalité. Il faut y croire. Pour la beauté et la difficulté de l’entreprise, la qualité des défis scientifiques, la richesse des coopérations, et la curiosité du public pour la recherche de la vie ailleurs, il est légitime de soutenir les promesses de ce nouveau chapitre de l’aventure martienne européenne. Un brin de soleil dans une trouée de nuages, ça n’a sans doute pas de prix !

 

 

Alain Cirou

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 06:02

20080701_AlainC_38.jpgL'affaire n’aurait pas déplu à… Camille Flammarion, le célèbre écrivain et vulgarisateur de l’Astronomie populaire. En effet, l’auteur des “maisons hantées”, disciple et héritier d’Alan Cardec — le fondateur du spiritisme —, aurait sans nul doute apprécié l’énigme de la matière noire. Ce fantôme de l’Univers auquel nous consacrons notre sujet de une de ce nouveau Ciel & Espace. Quatre-vingts ans d’interrogations, de spéculations, de traque active et obstinée, avec des télescopes et des détecteurs de particules, pour tenter de saisir un fil de la cape du Horla cosmique, n’ont pas suffi à le dévoiler. Comme l’être invisible de la nouvelle fantastique de Maupassant, on lui prête une consistance matérielle, puisqu’elle influencerait la matière “ordinaire”, mais au grand dam de tous, sa véritable nature reste à ce jour totalement inconnue. Le problème c’est que ce n’est pas “rien” comparé à la part de l’Univers dont nous connaissons la nature : 4 % de matière ordinaire pour 23 % de matière noire et 73 % d’énergie sombre.

Un essentiel invisible ou… transparent.

Récemment la partie de cache-cache s’est faite plus vive. Certains annoncent — en s’appuyant sur l’observation du mouvement d’étoiles proches ou de faible masse — que la matière noire existe ou… n’existe pas. Annonces aussitôt démenties par des équipes concurrentes analysant les mêmes données. Une cacophonie qui redonne de la voix, et des échos, aux partisans de la théorie Mond, laquelle suppose une modification des lois de la gravité à grande distance pour expliquer le mouvement anormal des galaxies.

Enfin, et pour être complet, au moment où nous bouclons ce numéro, l’Institut Niels Bohr de l’université de Copenhague annonce que les dernières observations du satellite européen Planck ont peut-être résolu l’énigme. Ce télescope spatial a observé autour du centre de notre galaxie un rayonnement synchrotron qui résulterait de la collision des particules de matière noire — 10 fois plus lourdes que le boson de Higgs ou 1 000 fois plus qu’un proton — avec les constituants de la matière ordinaire.

Si nous vivons peut-être là le dernier épisode du feuilleton de la matière invisible — celui qui est chargé de confirmer son existence —, une nouvelle saison s’annonce qui prolongera cette série fantastique. La traque du super poids lourd capable de faire courber le dos à l’Univers.

Ou qui se cache sous la cape du fantôme ?

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 06:00

Une nouvelle fois cet été, la formule du cocktail martien devrait être mondialement appréciée : une belle part de suspense avec une pointe de risque ; une grosse dose d’émotion et d’aventure sur un zeste d’exploration de l’inconnu. Et, cerise au bout de la pique, un enchaînement d’événements implacables qui amèneront la mission Mars Science Laboratory à s’écraser ou à se poser en douceur sur Mars, le 6 août au matin. Le tout servi par des machines à communiquer — le JPL et la Nasa — rodées à la diffusion massive et sans réserve d’images, de sons et de données accessibles à tous sur Internet.

Il faut dire que le débarquement de la sonde Curiosity sur la planète rouge est une formidable étape, nouvelle et supplémentaire, dans l’effort conduit par les États-Unis depuis des décennies pour l’exploration de ce monde. Cette “Twingo à moteur atomique”, après de délicates manœuvres de descente au sol, doit poursuivre la quête entamée en 1976 par les deux sondes Viking. Ces deux pionnières cherchaient la vie ; le robot d’aujourd’hui se concentrera sur les conditions passées d’habitabilité. Mais cette fois, la mission est mobile et peut se déplacer sur de grandes distances. Elle est lourdement équipée d’instruments scientifiques sophistiqués dont certains sont réalisés et pilotés par des chercheurs français. Le site d’atterrissage n’a pas été choisi au hasard. C’est dans les argiles du cratère Gale, au pied des pentes abruptes du mont Sharp, qu’existeraient les meilleures chances de trouver des indices de vie passée…

Bref, Curiosity est la mission idéale qui, si on y prend garde, peut laisser penser qu’en matière d’exploration robot de la planète rouge, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce qui n’est pas vrai ! Elle est la dernière grande mission martienne financée par les États-Unis, qui s’interrogent ouvertement sur les raisons et les moyens de leur soutien futur à ce type de programme scientifique. En se désengageant de leur participation au projet européen de sonde ExoMars (qu’il met en difficulté) et en réduisant drastiquement les crédits des missions vers la planète rouge, l’Amérique indique clairement — au grand dam des planétologues et des fans de l’exploration du Système solaire — que ses priorités ont changé. Curiosity aura fort à faire pour inverser la donne ; raison de plus pour apprécier l’exploit.

Alain Cirou

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:53

 

 

20080701_AlainC_38.jpgVu depuis l’espace, le spectacle est — paraît-il — superbe ! La preuve, ces images distribuées largement par les agences spatiales et qui montrent la Terre de nuit, photographiée par les astronautes de la station internationale. À bord de l’ISS, chacun reconnaît les contours de son pays, le dessin des côtes, les principales villes, axes et monuments, et bien évidemment, les capitales. Le spectacle est d’autant plus impressionnant qu’à l’altitude de la station (350 km environ), on voit aussi parfaitement les éclairs des orages, les draperies mouvantes des aurores polaires, la Lune et les étoiles…

En bas, sur le plancher des vaches, la situation est moins idyllique. Au cœur des villes, seules la Lune et les planètes les plus brillantes — comme Vénus et Jupiter — se distinguent, filant sur l’autoroute zodiacale. En périphérie des grandes agglomérations, les vastes parkings des centres commerciaux et autres no man’s land sont autant de taches de lumière dont les reflets dans les nuages, les gaz et les poussières éteignent le ciel et les constellations. Dans la campagne, à la montagne et loin des sources parasites, le spectacle de la Voie lactée partage la voûte céleste en deux, mais peu d’horizons échappent à la présence grandissante des zones lumineuses et habitées. En moyenne, chaque année dans le monde, l’éclairage public progresse de 6 % en raison de l’urbanisation galopante.

Les astronomes ne sont pas les seuls à s’inquiéter des conséquences. En 2010, une étude conduite au Brésil a montré que l’éclairage nocturne peut favoriser le développement de certaines épidémies en augmentant les contacts entre les humains et les insectes porteurs de maladies. Plus récemment, des chercheurs britanniques ont découvert que les invertébrés carnivores et charognards sont attirés par les zones éclairées, lesquelles perturbent le fonctionnement des écosystèmes autour d’elles.

Sites protégés, labels “ciel noir” et réserves aux normes strictes sont sans doute des réponses concrètes, et symboliques, à la disparition du patrimoine nocturne de l’humanité. Mais profiter de l’été pour montrer ce que nous n’aurions jamais découvert si le ciel avait été inaccessible à la curiosité, est une autre façon de le répéter : aimer la vie, c’est garder la nuit !

 

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