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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 09:40

Ce fut notre feuilleton de l’été : partira, partira pas ? En vedette, une sonde spatiale russe — la première depuis plus de vingt ans et la disparition de l’Union soviétique — au nom de Phobos Grunt. Une mission ambitieuse qui devait décoller de Baïkonour au plus tard le 30 octobre avant que la “fenêtre martienne” ne se referme.

La situation était ubuesque. Tous ceux qui, de près ou de loin, étaient concernés par cette expédition scientifique considéraient alors qu’elle était vouée à l’échec. Qu’elle n’avait aucune chance de fonctionner et de rapporter les 200 grammes d’échantillons du sol de Phobos, l’un des deux satellites de Mars. Même l’organisme russe chargé de la conception des instruments scientifiques, l’IKI, avait recommandé d’attendre 2011, le prochain créneau ouvert vers la planète rouge, pour procéder au lancement !

Il faut dire qu’à y regarder de près, atterrir puis décoller d’un petit corps céleste, à l’attraction gravitationnelle faible, n’est pas une mince affaire. Une situation compliquée par la présence proche de Mars qui, mécaniquement, suppose de dépenser beaucoup d’énergie pour s’échapper de son influence et regagner la Terre. Sur d’autres corps, les Japonais s’y sont essayés ; les Américains s’y sont abîmés…

Là n’était peut-être pas le plus grave. Avoir de grandes ambitions est une réserve d’énergie nécessaire à l’invention, à l’innovation ; et, dans ce domaine particulier qu’est l’exploration planétaire, les Russes collectionnent de fameux lauriers.

Toutefois, ne pas avoir testé les différentes phases d’une mission qui suppose de nombreuses manœuvres inédites — et pis encore, ne pas avoir su hiérarchiser et choisir, au milieu de toutes les propositions, une destination prioritaire — les conduisait inéluctablement à l’échec.

Phobos Grunt est donc un couteau suisse, à la mode russe, composé d’une vingtaine d’instruments différents destiné à viser à la fois Mars, Phobos et leur environnement, manipulé à grande distance par un manchot. Lequel a déjà essuyé 100 % d’échec dans le passé, au cours de ses différentes tentatives pour se poser sur Mars et ses deux petits satellites…

Le retour dans l’espace de la science russe — après une longue éclipse totale — méritait mieux, et c’est avec soulagement que les laboratoires associés à la mission ont appris le report du lancement à 2011.

Deux ans de répit qui devraient être mis à profit pour réaliser tous les tests nécessaires et s’assurer d’un meilleur contrôle à distance.

Reste que la hauteur de la barre à franchir ne baissera pas et qu’il faudra une sacrée veine pour faire tomber sur Terre, en 2014, des morceaux de la lune martienne.

L’histoire russe le mérite. Et même si ça ne marche pas, le pays de Gogol, de Pouchkine et de Dostoïevski nous aura encore donné une belle occasion de rêver d’aventures.

 

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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Mars ou la lune, comment et pourquoi y aller ?

Episode 1

Episode 2

 

 

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 01:00

Ils n’ont pas voulu gâcher la fête ! Mais un mois après les feux d’artifice du 40e anniversaire de la marche de l’homme sur la Lune, le verdict de la commission chargée par Barack Obama d’évaluer le programme américain de vols habités est tombé comme une pluie d’orage de fin d’été sur ceux qui s’étaient pris à rêver.

Son président, Norman Augustine, ancien PDG d’un groupe de défense, explique aux journalistes que : “Le programme spatial habité que nous avons aujourd’hui n’est réellement pas faisable avec l’argent dont nous disposons. […] Soit nous le modifions, soit nous dépensons plus pour avoir quelque chose d’intéressant et qui marche.” Et de préciser que le budget annuel de la Nasa, qui est actuellement de 18 milliards de dollars, nécessite au moins 3 milliards de rallonge à chaque exercice…

En réalité, il n’y a pas de quoi être surpris. Les promesses de Georges Bush père, de décrocher la Lune puis, dans la foulée, de coloniser la planète rouge, s’étaient abîmées au sol dès que les comptables étaient entrés dans la danse.

Bush fils avait relevé le gant de l’astronaute du futur, et la Nasa — qui comme tout organisme vivant a d’abord pour but de survivre — avait poussé l’exercice au stade ultime en imaginant le programme Constellation : deux nouvelles fusées, Arès 1 et Arès 5, une capsule spacieuse pour desservir la station spatiale internationale (ISS) et rejoindre la Lune, Orion, et enfin un module d’alunissage, Altaïr. Les destinations et les échéances étaient fixées ; ne restait plus qu’à signer le chèque.

On a voulu y croire… Mais c’était sans compter sur le coût de deux guerres, l’Irak et l’Afghanistan, sur une crise économique majeure, et sur la nouvelle sensibilité de l’administration démocrate aux questions environnementales et climatiques. Pis, la commission Augustine estime que : “Aller sur Mars avec la technologie et les sommes actuelles est trop risqué. Il est probable que cela ne réussirait pas” !

Sans préjuger des décisions qui seront prises par le locataire de la Maison Blanche, force est de constater que, dans ces conditions, les projets de colonisation sont compromis. Ce qui n’est pas nécessairement pour déplaire à la communauté scientifique, prétexte habituel et parent pauvre des grandes démonstrations de puissance que sont les vols habités.

Il est fort probable que la durée de vie de l’ISS, et donc son exploitation, sera augmentée. Que les “dates objectifs” d’un retour sur la Lune friseront les années 2030. Que des développements technologiques supplémentaires seront commandés avant d’engager, vers la fin du siècle (?) un voyage martien. Les États-Unis n’ont pas les moyens de renoncer officiellement à l’exploration habitée du Système solaire, mais ils ont tout intérêt à prendre leur temps. Il est toujours plus facile d’entretenir un rêve que de l’abîmer en parlant gros sous. Même quand les sommes ne sont pas astronomiques…

 

Alain Cirou directeur de la rédaction de Ciel & Espace 


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Mars ou la lune, comment et pourquoi y aller ?

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 06:00

C’est l'événement de l'été et un curieux anniversaire pour tous ceux qui ont assisté, il y a quinze ans jour pour jour, à la collision des morceaux de la comète Shoemaker-Levy 9 avec la planète du dieu de l’Olympe.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet, alors qu’on célébrait un peu partout les 40 ans de la marche de Neil Armstrong sur la surface de la Lune, Antony Wesley, un astronome amateur australien, découvrait la trace sombre d’un impact qui signait, sans ambiguïté, la désintégration d’un astéroïde ou d’une comète dans les couches denses de l’atmosphère de Jupiter.

On peut voir, dans l’enquête que nous publions dans ce numéro, l’efficacité du réseau des observateurs qui furent alertés, et la qualité des images aussitôt collectées. C’est qu’il n’y avait pas de temps à perdre. L’étude de la trace du mystérieux bolide est le seul élément matériel sur lequel s’appuyer pour identifier la nature de l’impacteur – sa taille, sa composition et sa vitesse – et déterminer son origine.

Ainsi, très vite et grâce au précédent événement de 1994, les planétologues ont commencé à brosser le portrait robot de l’astre kamikaze : un “caillou” ou un bloc de glace sale de quelques centaines de mètres de diamètre, plongeant à la vitesse de 60 km/s dans les nuages de la haute atmosphère jovienne !

On pourrait se féliciter de la beauté du spectacle, dû à la vigilance des observateurs amateurs et à l’efficacité du système d’alerte sur la Toile, mais ce serait occulter deux points fort… intrigants.

Le premier, c’est qu’auparavant, et contrairement à la comète Shoemaker-Levy 9, aucun corps n’a été repéré comme suivant une trajectoire de collision avec la planète géante. Que cet intrus est passé à travers les mailles du filet de la détection automatique…

Le second concerne la fréquence de ce type d’événement. Alors qu’on pensait ces collisions exceptionnelles, que les statistiques précisent qu’en moyenne on peut s’attendre à un impact tous les demi-millénaires pour

un objet de quelques centaines de mètres, l’échéance de temps qui sépare les deux observations récentes est bien courte.

De là à en conclure qu’il nous faut réviser nos prévisions sur la fréquence d’impactisme, il n’y a qu’un pas. Que n’hésiteront pas à franchir tous ceux qui, de par le monde, préconisent d’attacher plus d’importance – et donc de moyens – à l’étude des petits corps susceptibles d’entrer en collision avec la Terre. On l’a souvent écrit ici, et montré à travers des enquêtes et des reportages, il reste encore du chemin à parcourir avant de ne plus craindre que le ciel nous tombe sur la tête.

Il faut finir de recenser tous les corps à risque, les surveiller, et mettre au point des méthodes efficaces et réalistes pour les dévier. On en est loin. Et l’événement qui frappe Jupiter est comme une piqûre de rappel sans frais : un jour, demain ou dans quelques siècles, ce sera au tour de la Terre. Au nôtre. C’est même l’une des rares prévisions sur laquelle tout le monde s’accorde.

 
Alain Cirou directeur de la rédaction de Ciel & Espace 


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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 18:50

Lunomaniaque ou martien ? 
 

Difficile cet été d'échapper à la Lune...

Une "lunomanie" qui enrichit les kiosques de nombreux numéros spéciaux consacrés aux 40 ans de la marche des premiers hommes sur le sol de la mer de la Tranquillité ; qui augmente nos bibliothèques d'ouvrages souvenirs, et nous donne rendez-vous derrière le poste de radio ou le petit écran pour suivre les nombreuses émissions spéciales consacrées à ce grand moment du XXe siècle.

Y contribuent Ciel & Espace évidemment, avec un magnifique numéro hors-série dédié à la plus fidèle amie de nos nuits, et l'Association française d'astronomie - son éditeur - en coorganisant, sur plus de 500 sites publics, les 19es Nuits des étoiles consacrées à l'observation de notre satellite naturel. Année mondiale de l'astronomie et 400e anniversaire des observations de Galilée obligent !

L'affaire est d'autant plus originale qu'aux États-Unis, le pays le plus directement concerné par cette bouffée nostalgique des années Apollo, les commémorations se font rares et discrètes. Les astronautes sont bien sûr invités à la Maison Blanche - "as usual" -, mais sur fond de bataille parlementaire entre Chambre et Sénat, les regards se tournent vers la nouvelle administration Obama, qui n'a toujours pas annoncé ses ambitions en matière d'exploration humaine. Substituer aux navettes vieillissantes un nouveau véhicule d'accès à l'orbite terrestre ; assurer l'exploitation de la station internationale ; revenir à l'horizon 2020 sur la Lune et y établir des bases pour préparer un voyage martien... À la fin de l'été, une commission devrait remettre ses conclusions sur les meilleurs de ces choix possibles.

Ceux capables de garantir un programme de vols habités "viable et ambitieux". S'il faut comprendre par là que tout est remis à plat, et au moment même où les Européens s'apprêtent à définir une politique d'exploration spatiale commune et à long terme, nous avons voulu connaître les meilleurs arguments des uns et des autres pour les deux seules destinations évidentes des voyages habités dans le Système solaire : la Lune et Mars. Toutes les pièces du dossier ont été réunies pour vous permettre de peser le pour et le contre. Connaître les faits objectifs sur lesquels s'engagent les débats. Se faire sa propre opinion en connaissance de cause.

Évidemment, dans la réalité d'un monde complexe, le manichéisme n'est pas la loi. Des sondes tournent autour de la Lune et de Mars. Il faudra continuer à explorer le Système solaire et consacrer toutes nos énergies à déployer des outils spatiaux pour suivre les évolutions de la biosphère terrestre.

Il est vrai qu'en jetant un regard appuyé dans les rétroviseurs du passé - ce que nous permettent aujourd'hui les souvenirs des missions Apollo - il est bien difficile d'ignorer ce qui guide les choix. La compétition, l'ambition des pays, la guerre certes, mais aussi les visions de quelques hommes remarquables dont les noms sont aujourd'hui inscrits sur la Lune.


Alain Cirou
Directeur de communication 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 16:26

Tout de qui reste à découvrir

Que reste-t-il à découvrir quatre siècles après Galilée ? Comment les scientifiques formulent-ils aujourd'hui les questions qui les poussent à engager des recherches depuis le sol et dans l'espace ? Quelles grandes découvertes pourraient bien surgir de ces ombres qui dominent toujours la majeure partie du cosmos ?

En cette Année mondiale de l'astronomie, fêtée tout particulièrement cet été par la 19e édition des Nuits des étoiles, Ciel & Espace s'est intéressé aux grands défis que les sciences de l'Univers entendent relever pour les temps prochains. Et vingt scientifiques de tous horizons, qu'il nous faut remercier ici, ont accepté de nous livrer l'essentiel des questions qui les préoccupent...

Un voyage au pays des découvertes à venir, qui se concentre tout d'abord sur la vie, ses conditions d'apparition et la recherche de nouvelles terres. "Il est peu risqué de prédire que l'on connaîtra quelques planètes ressemblant peu ou prou à la Terre avant 2020", apprend-on peu de temps après la découverte de la première exoplanète. Une perspective fascinante qui, par effet miroir, nous renvoie à notre propre condition - toujours unique - et à celles qui ont sculpté le Système solaire tel que nous continuons à le découvrir.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous ne savons toujours pas en détail comment se forment les planètes, ni quelle est l'origine de la Lune. Des scénarios crédibles existent, mais les mécanismes restent à détailler, les pièces du puzzle à rassembler. Il en va de même pour les anneaux des planètes, les milliers de corps glacés situés au-delà de Neptune, ou encore les astéroïdes, dont les impacts bien visibles à la surface de la Lune témoignent de grandes périodes de bouleversements pour la biosphère terrestre et la vie.

Quant au monde des étoiles, des astres exotiques et des galaxies qui les abritent, la somme des énigmes restant à résoudre donne le tournis : comment sont apparues les galaxies ? Pourquoi ont-elles des formes différentes ? Et que se passe-t-il à l'intérieur des plus massives d'entre elles, après s'être effondrées sous la forme de trous noirs ?

Vertige toujours pour ceux qui découvriront que "toutes les étoiles et les galaxies qui brillent dans le ciel représentent moins de 20 % de l'ensemble de la matière de notre Univers". Que le reste, l'essentiel donc, est invisible, caché, sous une forme encore inconnue. Abîme, enfin, quand se posent les questions de l'origine, de la forme et du destin de l'Univers. Qui pourrait n'être "qu'un îlot dérisoire, perdu dans un gigantesque 'métamonde' infiniment vaste et infiniment diversifié". Bref, "Tout ce qui reste à découvrir" est une balade aux frontières de la connaissance, une promenade dans la nuit sous la voûte étoilée de l'été.

Pour le plaisir et un brin... d'ivresse.

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 15:40


C'est une question un brin "métaphysique" : que se passe-t-il quand il ne se passe rien ? Depuis plusieurs semaines, dans les observatoires solaires du monde entier, c'est LA question qu'il faut résoudre après avoir observé l'astre du jour. Sur lequel on ne voit rien !

Aucune activité, aucune tache noire caractéristique de mouvements magnétiques et d'éruptions. Rien, le Soleil est comme endormi. "Jamais depuis 1913, l'activité solaire n'a été aussi faible", explique un spécialiste. Et de surenchérir : "Si cela continue, nous nous dirigeons tout droit vers un grand froid, un rendez-vous frigo" !

Pour comprendre ce que tout cela veut dire, il faut se souvenir que l'activité de notre étoile préférée varie avec le temps. Selon un cycle de 11 ans, environ, des taches noires apparaissent à sa surface, prolifèrent comme une poussée d'acné sur un visage d'adolescent, puis diminuent avant de disparaître. Certains cycles sont très calmes et comptent à peine une vingtaine de taches au maximum ; d'autres au contraire sont plus actifs et peuvent aller jusqu'à 250 zones sombres.

En tout cas, depuis que nous disposons de mesures précises par satellites, nous savons que l'énergie émise par le Soleil augmente avec le nombre de taches. La preuve flagrante de cette corrélation est fournie par l'histoire. C'est d'un côté "l'optimum médiéval", appelé aussi le réchauffement climatique de l'an mille, avec une période inhabituellement chaude du Xe au XIVe siècle, attribuée à un Soleil très actif. Et c'est de l'autre, le fameux "petit âge glaciaire", où sous le règne de Louis XIV, le roi Soleil, aucune tache ne fut visible. Pis, un froid sans précédent s'abattit sur l'Europe, gelant la Seine.

Bref, tout semble démontrer que les humeurs du Soleil influent sur notre climat et que les effets "radiateurs" ou "frigos" sont les marques extrêmes d'abondance ou d'absence de taches.

Évidemment, l'affaire n'est pas si simple. D'abord, parce que l'accumulation des gaz à effet de serre l'emporte largement aujourd'hui sur la part du réchauffement lié à la variation de l'éclairement solaire (tout au plus 20 %).

Ensuite, parce que l'on connaît mal l'origine et le mécanisme des cycles solaires. On ne sait pas ce qui les déclenche, s'ils seront calmes ou agités, s'il existe même des super-cycles séculaires.

Bref, il faut observer et tenter de comprendre ce qui pourrait nous arriver. Depuis quelques années une flottille de vaisseaux spatiaux a été mise sur orbite pour tenter de résoudre ces énigmes fondamentales et s'essayer à une meilleure prévision des effets de la météo solaire sur l'environnement terrestre. Une tâche qui n'a plus rien de métaphysique !


Alain Cirou

Directeur de la rédaction

 


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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 06:00

Tout de qui reste à découvrir

Que reste-t-il à découvrir quatre siècles après Galilée ? Comment les scientifiques formulent-ils aujourd'hui les questions qui les poussent à engager des recherches depuis le sol et dans l'espace ? Quelles grandes découvertes pourraient bien surgir de ces ombres qui dominent toujours la majeure partie du cosmos ?

En cette Année mondiale de l'astronomie, fêtée tout particulièrement cet été par la 19e édition des Nuits des étoiles, Ciel & Espace s'est intéressé aux grands défis que les sciences de l'Univers entendent relever pour les temps prochains. Et vingt scientifiques de tous horizons, qu'il nous faut remercier ici, ont accepté de nous livrer l'essentiel des questions qui les préoccupent...

Un voyage au pays des découvertes à venir, qui se concentre tout d'abord sur la vie, ses conditions d'apparition et la recherche de nouvelles terres. "Il est peu risqué de prédire que l'on connaîtra quelques planètes ressemblant peu ou prou à la Terre avant 2020", apprend-on peu de temps après la découverte de la première exoplanète. Une perspective fascinante qui, par effet miroir, nous renvoie à notre propre condition - toujours unique - et à celles qui ont sculpté le Système solaire tel que nous continuons à le découvrir.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous ne savons toujours pas en détail comment se forment les planètes, ni quelle est l'origine de la Lune. Des scénarios crédibles existent, mais les mécanismes restent à détailler, les pièces du puzzle à rassembler. Il en va de même pour les anneaux des planètes, les milliers de corps glacés situés au-delà de Neptune, ou encore les astéroïdes, dont les impacts bien visibles à la surface de la Lune témoignent de grandes périodes de bouleversements pour la biosphère terrestre et la vie.

Quant au monde des étoiles, des astres exotiques et des galaxies qui les abritent, la somme des énigmes restant à résoudre donne le tournis : comment sont apparues les galaxies ? Pourquoi ont-elles des formes différentes ? Et que se passe-t-il à l'intérieur des plus massives d'entre elles, après s'être effondrées sous la forme de trous noirs ?

Vertige toujours pour ceux qui découvriront que "toutes les étoiles et les galaxies qui brillent dans le ciel représentent moins de 20 % de l'ensemble de la matière de notre Univers". Que le reste, l'essentiel donc, est invisible, caché, sous une forme encore inconnue. Abîme, enfin, quand se posent les questions de l'origine, de la forme et du destin de l'Univers. Qui pourrait n'être "qu'un îlot dérisoire, perdu dans un gigantesque 'métamonde' infiniment vaste et infiniment diversifié". Bref, "Tout ce qui reste à découvrir" est une balade aux frontières de la connaissance, une promenade dans la nuit sous la voûte étoilée de l'été.

Pour le plaisir et un brin... d'ivresse.

Alain Cirou

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Hors série astronomie, les 80 génies de l'astronomie

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 10:54

L'astronomie est-elle en manque de "pipoles", cette espèce médiatiquement envahissante dont raffolent, paraît-il, les foules, et pour qui la première, et souvent seule, qualité est d'être connu de tous ? On pourrait le croire en s'inquiétant des tentatives répétées d'associer les thématiques scientifiques à des visages déjà vus à la télé ; tentatives limitées par ladite réserve de visages... connus.

C'est Stephen Hawking, astrophysicien prisonnier d'un corps aussi effrayant que les fameux trous noirs qui l'ont rendu célèbre. C'est Albert Einstein, dont le portrait espiègle à la langue tirée rencontre un succès indémodable à la galerie des "génies" de l'humanité. Et c'est aussi le premier des scientifiques modernes, Galilée, dont le seul tort est sans doute de ne pas avoir laissé d'images animées de sa personne.

Qu'à cela ne tienne, comme on l'annonce bientôt pour les dinosaures et les mammouths à poils laineux, il suffit de le ressusciter ! C'est l'ambition de scientifiques italiens et britanniques qui veulent faire exhumer ses restes du caveau familial de l'église de Santa Croce, à Florence. La raison, expliquent-ils, est de déterminer par des études ADN si les troubles visuels de l'astronome pisan ont eu des répercussions sur certaines de ses observations.

Ainsi, Galilée dessinait la planète Saturne ovale et lui adjoignait deux satellites là où se devinent aisément des anneaux... "Si nous établissons la nature de sa pathologie, nous serons en mesure de simuler par un modèle mathématique ses conséquences sur ce que Galilée voyait, indiquent-ils. Et en utilisant la même lunette que lui, nous saurons avec plus de précision ce qu'il a réellement observé." On savait Kepler myope comme une taupe et Newton méchant comme une teigne. Reste donc à qualifier le "messager des étoiles" pour redonner chair humaine à ce pur esprit...

Longtemps, les historiens des sciences ont délibérément ignoré la vie personnelle des "géants" de la pensée au profit exclusif de leurs idées. Avec son fameux essai intitulé Les somnambules, le romancier Arthur Koestler va s'attaquer dans les années 1960 au préjugé selon lequel la connaissance scientifique progresse indépendamment des hommes qui la produisent.

En mettant en scène leur vie, il montrera les ressorts de leur œuvre : la raison et la foi. L'ouvrage, fortement attaqué à l'époque pour la subjectivité des portraits, paraît dans le contexte actuel bien timoré. Songez donc : on n'y apprend rien de croustillant sur les maîtresses de Galilée !


Alain Cirou
Directeur de la rédaction


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Sur Galilée :

En enfer avec Galilée, deux podcasts audio passionnants avec Jean-Marc Levy-Leblond, professeur émérite à l'université de Nice, physicien et épistémologue, directeur de la revue Alliage.

Galilée, le messager des étoiles, trois podcasts audio avec Isabelle Pantin, Professeur de Littérature de la renaissance à l'Ecole Normale Supérieure et chercheur associé à l'Observatoire de Paris dans l'équipe d'histoire de l'astronomie.


Sur les trous noir :

Voyage au coeur des trous noirs, trois podcasts audio avec Eric Gourgoulhon, Laboratoire Univers et Théories, Observatoire de Paris, CNRS, Université Paris Diderot.

Episode 1

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 14:00

Il y aura du suspense, de l'émotion et, pour tous les chercheurs impliqués, de la fierté à voir décoller Ariane 5, mi-avril, depuis la base de Kourou. 


Sous la coiffe de la fusée européenne, deux télescopes géniaux, réalisés par les laboratoires de recherche et l'industrie du Vieux Continent : Planck et Herschel. Le premier est destiné à l'étude des origines de l'Univers. Le second, à celle des conditions dans lesquelles naissent les étoiles. Conçus indépendamment l'un de l'autre, ces deux instruments devraient fournir des informations inédites sur la façon dont le cosmos s'est matérialisé, architecturé et développé.

Des questions fondamentales sur la forme de l'Univers, sa vitesse d'expansion ou encore la densité totale de matière et d'énergie... De la même façon, le taux de natalité des étoiles, leur distribution en taille, la description fine des cocons de poussières et de gaz au sein desquels elles naissent, ou encore la composition des grands vides qui les séparent dans la Voie lactée et dans d'autres galaxies, donneront du grain à moudre aux théoriciens et à leurs modèles. En testant la relativité générale à grande échelle, comme en détaillant la myriade de soleils qui illuminent les galaxies.

C'est pour cela que de nouveaux télescopes spatiaux, c'est aussi beaucoup d'espoirs ! En quelques décennies, et en raison de nouvelles "images" comme celle du rayonnement fossile qui montre de minuscules fluctuations (telle une empreinte digitale) portant des informations uniques sur les temps les plus lointains, la liste des questions fondamentales n'a cessé de s'allonger. Au point qu'un grand trouble - pour ne pas parler de crise - agite la communauté des cosmologistes, bousculés par la matière sombre et l'énergie noire, en quête de nouvelles particules, voire de nouvelle physique.

Quatre siècles après l'invention de la lunette astronomique, la méthode est éprouvée : avec de nouveaux instruments et des observations inédites, sans nul doute, une nouvelle vision du monde devrait émerger. Plus fine, parfois révolutionnaire, toujours intellectuellement excitante. Ces grandes œuvres technologiques, comme Planck et Herschel, qu'elles visent les énergies les plus fabuleuses, les vides abyssaux ou les froids extrêmes, soulignent un des traits marquant de l'humanité : sa capacité à s'interroger sur la nature du monde et à se donner les moyens de l'explorer. Sans savoir, a priori, ce qu'elle va y découvrir ; de la recherche à l'état pur !


Alain Cirou
 

Sur www.cieletespaceradio.fr, Planck nous dévoile les secrets de la lumière

Le satellite Herschel sur les pages du cea et Planck expliqué simplement.
 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 11:00

Que peuvent bien nous dire des astronomes sur l'avenir de l'humanité sur Terre ? C'est la question que nous nous sommes posée quand nous est parvenu le livre de Roger-Maurice Bonnet et de Lodewijk Woltjer, Survivre 1 000 siècles, que pouvons-nous faire ? Les deux auteurs sont connus, respectés et font autorité dans leur domaine, celui du ciel et des sciences spatiales. Mais la Terre ? Quid de la Terre, dont les plus lyriques parmi les promoteurs de l'exploration cosmique n'ont cessé de nous répéter qu'elle n'était qu'un point de départ de la civilisation humaine.


Un "berceau" que nous allions fatalement quitter pour franchir de nouvelles "frontières". Récemment encore, le médiatique astrophysicien anglais Stephen Hawking expliquait doctement que, si nous voulions échapper à une catastrophe majeure, et quasi inévitable, nous n'avions d'autre choix que de quitter le Système solaire ! Plier bagages et partir sans nous retourner coloniser les espaces fertiles de la Galaxie. Stupide, semblent penser en chœur nos deux auteurs, qui vont dans cet ouvrage formaliser la vision nouvelle et naturelle qui a émergé ces dernières années dans le petit monde de l'astronomie. Deux idées fortes la guident.


La première est qu'il n'y a pas de Terre de rechange. La seconde est que notre planète est l'équivalent d'un vaisseau spatial, avec un équipage et des ressources limitées. Cette vision date sans aucun doute des missions Apollo, dont l'économiste Alfred Sauvy soulignait qu'elles marquaient la naissance d'une prise de conscience universelle des questions d'environnement. C'est l'image, rafraîchie il y a un peu plus d'un an par la sonde japonaise Kaguya, d'un lever de Terre vu depuis l'orbite lunaire.


Le contraste entre la surface stérile et cratérisée de la Lune, qui domine l'essentiel de l'avant-plan de l'image, et la petite bille blanc bleu de la Terre, suspendue dans le noir du ciel, signe au-delà de tout mot la situation de notre espèce. Il faut donc se rendre à l'évidence, nous vivons dans un monde clos et rêver de s'en évader est illusoire. C'est apprendre à vivre ensemble qu'il nous faut réussir et, pour survivre 1 000 siècles, réinventer un modèle d'économie planétaire réaliste et solidaire. Et ce ne sont pas les découvertes d'exoterres, à des centaines d'années-lumière de là, qui changeront la donne. Garder les pieds sur Terre reste notre seule chance d'explorer un jour d'autres mondes


Alain Cirou

Directeur de la rédaction.


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